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Déficit foncier : calcul, plafond et exemples chiffrés en 2025

Comment calculer le déficit foncier en 2025 ? Formule, plafond de 10 700 €, cas du doublement à 21 400 € et exemples concrets pour réduire vos impôts.

Déficit foncier : calcul, plafond et exemples chiffrés en 2025

Le déficit foncier est un mécanisme fiscal accessible aux propriétaires bailleurs imposés au régime réel des revenus fonciers. Il permet de déduire de son revenu imposable global les charges qui excèdent les loyers perçus, dans certaines limites fixées par la loi. Cet article détaille la formule de calcul, les plafonds applicables en 2025 et plusieurs exemples concrets.

Le principe de calcul du déficit foncier

Le déficit foncier se calcule en soustrayant les charges déductibles des loyers bruts encaissés sur l’année. La formule de base est la suivante : revenus fonciers bruts moins charges déductibles hors intérêts d’emprunt. Lorsque ce résultat est négatif, le déficit ainsi obtenu peut être imputé sur le revenu global du foyer fiscal.

Les intérêts d’emprunt ont un traitement distinct. Ils sont déductibles des revenus fonciers bruts, mais ne peuvent pas générer ou amplifier le déficit imputable sur le revenu global. En pratique, le calcul s’effectue en deux étapes. On commence par déduire les intérêts d’emprunt des loyers bruts. Si le résultat est positif, on déduit ensuite les autres charges. Si le résultat après intérêts est déjà négatif, ce solde négatif lié aux intérêts n’est reportable que sur les revenus fonciers des 10 années suivantes.

Les charges déductibles hors intérêts comprennent les travaux d’entretien, de réparation et d’amélioration, les frais de gestion locative, les assurances, la taxe foncière, les frais de comptabilité et les primes d’assurance loyer impayé. Les travaux de construction ou d’agrandissement sont exclus de cette liste.

Exemple simple : un bien avec des travaux

Prenons un propriétaire qui perçoit 8 400 euros de loyers annuels (700 euros par mois) sur un appartement loué nu. Il réalise des travaux de réfection de salle de bain pour 6 200 euros et règle 2 100 euros de taxe foncière, frais de gestion et assurance.

Le calcul donne : 8 400 euros de loyers moins 8 300 euros de charges (6 200 + 2 100) = +100 euros de revenu foncier net. Dans ce cas, il n’y a pas de déficit foncier mais un revenu foncier positif très limité, qui vient s’ajouter au revenu global imposable.

Si les travaux avaient été de 9 500 euros au lieu de 6 200 euros, le calcul aurait donné : 8 400 euros moins 11 600 euros de charges = -3 200 euros de déficit foncier. Ces 3 200 euros auraient réduit d’autant le revenu imposable global. Pour un contribuable à 30 % de tranche marginale d’imposition, l’économie d’impôt sur le revenu aurait été de 960 euros, auxquels s’ajouteraient 550 euros de prélèvements sociaux évités (17,2 % x 3 200 euros).

Exemple avec intérêts d’emprunt : deux biens en portefeuille

La compensation se fait au niveau du foyer fiscal sur l’ensemble des revenus fonciers. Un propriétaire disposant de deux biens calcule son résultat foncier global de la façon suivante.

Bien A : 9 000 euros de loyers, 2 400 euros d’intérêts d’emprunt, 1 200 euros d’autres charges. Revenu foncier net du bien A = 9 000 - 2 400 - 1 200 = +5 400 euros.

Bien B : 6 000 euros de loyers, 1 800 euros d’intérêts d’emprunt, 14 000 euros de travaux. Résultat après intérêts = 6 000 - 1 800 = +4 200 euros. Résultat après autres charges = 4 200 - 14 000 = -9 800 euros.

Résultat foncier global : +5 400 euros (bien A) - 9 800 euros (bien B) = -4 400 euros de déficit foncier. Ces 4 400 euros s’imputent sur le revenu global dans la limite du plafond annuel.

BienLoyers brutsIntérêts empruntAutres chargesRésultat net
Bien A9 000 €2 400 €1 200 €+5 400 €
Bien B6 000 €1 800 €14 000 €-9 800 €
Total foyer15 000 €4 200 €15 200 €-4 400 €

Les plafonds d’imputation sur le revenu global

Le déficit foncier (hors intérêts d’emprunt) s’impute sur le revenu global dans la limite de 10 700 euros par an. Si le déficit dépasse cette limite, le surplus est reporté sur les revenus fonciers des dix années suivantes. Ce report sur les revenus fonciers s’applique également à la totalité du déficit lié aux intérêts d’emprunt.

Un propriétaire qui réalise des travaux de rénovation énergétique permettant de faire passer un logement de la classe énergétique E, F ou G à la classe A, B, C ou D bénéficie d’un plafond doublé à 21 400 euros. Cette mesure temporaire s’applique aux dépenses payées entre le 1er janvier 2023 et le 31 décembre 2025, à condition que le devis ait été accepté à partir du 5 novembre 2022.

Prenons un exemple concret : un propriétaire réalise 28 000 euros de travaux de rénovation thermique éligibles sur un bien en classe F. Ses loyers annuels sont de 7 200 euros. Ses charges hors travaux s’élèvent à 1 800 euros. Le déficit hors intérêts = 7 200 - 1 800 - 28 000 = -22 600 euros. Sur ce montant, 21 400 euros s’imputent sur le revenu global de l’année (plafond doublé). Le solde de 1 200 euros est reporté sur les revenus fonciers des années suivantes.

L’investissement dans l’immobilier ancien avec travaux peut ainsi générer des économies fiscales significatives sur plusieurs années, à condition de bien anticiper le montant des charges déductibles et de respecter les conditions d’éligibilité.

Exemple avec dépassement du plafond et report

Un investisseur réalise 35 000 euros de travaux de réparation (hors rénovation énergétique éligible) sur un immeuble locatif. Ses loyers annuels sont de 12 000 euros. Ses autres charges hors travaux s’élèvent à 3 000 euros. Il n’a pas d’intérêts d’emprunt.

Calcul du déficit : 12 000 - 3 000 - 35 000 = -26 000 euros. Imputation sur le revenu global de l’année : 10 700 euros (plafond général). Report sur les revenus fonciers : 26 000 - 10 700 = 15 300 euros.

Ces 15 300 euros seront déduits des revenus fonciers des 10 années suivantes, à raison des revenus fonciers disponibles chaque année. Si l’investisseur perçoit 9 000 euros de revenus fonciers l’année suivante avec 2 000 euros de charges courantes, son revenu foncier net serait de 7 000 euros. Il pourra y imputer tout ou partie du report disponible, ramenant ce revenu à zéro et conservant le solde pour les années ultérieures.

AnnéeRevenu foncier avant reportReport utiliséRevenu foncier imposableReport restant
N (travaux)-26 000 €Imputation revenu global : 10 700 €Revenu global réduit15 300 €
N+1+7 000 €7 000 €0 €8 300 €
N+2+8 000 €8 000 €0 €300 €
N+3+8 000 €300 €7 700 €0 €

Impact réel sur l’imposition et rentabilité nette

Pour mesurer l’impact concret du déficit foncier, il faut raisonner sur la tranche marginale d’imposition (TMI) du contribuable. Chaque euro de déficit foncier imputé sur le revenu global génère une économie égale au taux marginal d’imposition plus les prélèvements sociaux (17,2 %) si ce revenu est de nature foncière, ou uniquement le TMI s’il s’agit de revenus d’une autre nature.

Pour un foyer à 41 % de TMI ayant imputé 10 700 euros de déficit : économie d’impôt sur le revenu = 10 700 x 41 % = 4 387 euros. Si ce déficit est issu de charges sur des revenus fonciers, les prélèvements sociaux évités sur la partie foncière s’ajoutent également.

Cette mécanique fiscale explique pourquoi l’investissement locatif affiche des rentabilités nettes très différentes selon le régime fiscal choisi. Le régime réel, qui permet de dégager un déficit foncier, est généralement plus avantageux que le micro-foncier (abattement forfaitaire de 30 %) dès lors que les charges réelles dépassent 30 % des loyers bruts.

Le régime réel d’imposition nécessite de tenir une comptabilité des charges et des revenus, et engage le contribuable pendant 3 ans minimum. Pour les biens avec travaux importants ou des charges de gestion élevées, ce régime produit régulièrement des économies fiscales supérieures au régime simplifié.

Questions fréquentes

Qu'est-ce que le déficit foncier ?

Le déficit foncier se produit lorsque les charges déductibles liées à un bien immobilier mis en location nue dépassent les loyers encaissés sur une année. Il permet d'imputer cet excédent sur le revenu global du propriétaire, dans la limite de 10 700 euros par an en règle générale, ce qui réduit directement l'impôt sur le revenu. Le solde non imputé est reportable sur les revenus fonciers des dix années suivantes.

Quelles charges sont déductibles pour calculer le déficit foncier ?

Les charges déductibles des revenus fonciers comprennent les travaux d'entretien et de réparation, les frais de gestion et d'assurance, la taxe foncière, les primes d'assurance propriétaire non occupant et les intérêts d'emprunt. Les travaux de construction ou d'agrandissement ne sont pas déductibles. Les intérêts d'emprunt ont un traitement spécifique : ils ne peuvent s'imputer que sur les revenus fonciers, pas sur le revenu global.

Quel est le plafond du déficit foncier en 2025 ?

Le plafond d'imputation du déficit foncier sur le revenu global est fixé à 10 700 euros par an. Ce plafond est rehaussé à 21 400 euros pour les dépenses de travaux de rénovation énergétique permettant de faire passer un logement de la classe E, F ou G à la classe A, B, C ou D, sous réserve que le devis ait été accepté à compter du 5 novembre 2022 et que les travaux aient été payés entre le 1er janvier 2023 et le 31 décembre 2025.

Que se passe-t-il si le déficit foncier dépasse le plafond ?

La fraction du déficit qui dépasse 10 700 euros (ou 21 400 euros pour la rénovation énergétique) ne peut pas être imputée sur le revenu global de l'année. Elle est reportée sur les revenus fonciers des dix années suivantes. Si vous ne percevez pas de revenus fonciers suffisants ces années-là, le déficit restant s'éteint au terme de la dixième année.

Peut-on cumuler déficit foncier et autres dispositifs de défiscalisation ?

Le déficit foncier est compatible avec la détention de biens en nom propre soumis au régime réel d'imposition. Il ne peut pas être utilisé en même temps que le régime micro-foncier sur le même bien. Il peut être cumulé avec d'autres revenus fonciers d'autres biens, le résultat global de l'ensemble du foyer fiscal étant calculé par compensation. L'option pour le régime réel engage le propriétaire pendant 3 ans minimum.

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